01/04/200801/04/08 - AFP : un nouveau médicament générique "spécial gay"Suite à une étude statistique sur la population gay, et sa consommation particulière de médicaments, menée par la Direction Générale de la Santé et la CPAM, plusieurs profils de styles de vie gays ont pu être identifiés.
Les urbains et les ruraux ont en effet des pathologies différentes, qui se répartissent aussi selon l'âge, la taille de la ville, et la présence ou non d'une communauté gay visible.
Les statistiques indiquent que la consommation de Prozac est plus importante dans les grandes villes, majorée par l'âge, et surtout parmi ceux qui fréquentent les boites et bars gays.
Cette consommation est statistiquement superposable à la consommation de Viagra, là aussi majorée par l'âge.
En province, on note une consommation très inférieure de ces médicaments, quasi nulle en milieu rural.
Cette étude débouche donc sur des recommandations de bonnes pratiques en direction des gays, avec l'espoir qu'elles seront largement suivies, vu l'adhésion constante de cette population aux nouveautés en tout genre.
Le conseil principal consiste à rejoindre les néo-ruraux, c'est à dire à quitter les villes pour aller vivre à la campagne. Cela est d'autant plus efficace que la ville d'origine est grande et la communauté gay importante et établie.
Les parisiens du Marais sont donc invités à partir en Lozère ou au Larzac, pour leur plus grand bien et celui des comptes de la Sécurité Sociale.
De plus, conscient de l'intérêt général, et de l'opportunité économique dévoilée par cette étude, un laboratoire vient de décider de lancer sur le marché un nouveau générique, combinant ces deux molécules, mais bien moins cher que les produits d'origine, et qui ne demande plus qu'une seule prise par jour au lieu de deux.
Voici donc la nouvelle boite qui figurera désormais sur votre réfrigérateur, si vous faites partie des clubbers impénitents qui refusent de quitter la ville...

29/03/2008sexuellement correctLe sexuellement correct est le "corpus de guidance" qu'imposent les nouveaux ayatollahs de la sexualité, dont l'orthodoxie fustige les mécréants que nous sommes. Heureusement, on est encore en république laïque et démocratique, et rien ne nous oblige à les suivre, malgré leurs imprécations, les moutons qui bêlent à l'unisson, et quelques grand messes périodiques.
Au nom de la prévention du SIDA et du principe de précaution, et avec une bonne dose de droit d'ingérance, ils prétendent interdire toute pratique jugée incertaine à peine de préservatif, qu'elle soit réelle ou imaginaire, l'idée qu'elle puisse être volontaire les révulsants jusqu'à la syncope.
La moindre pipe est pour eux une authentique roulette russe, à moins de l'exorciser grâce au pieux instrument du culte : le préservatif. Ce viatique permanent de la sexualité vous met à l'abri du diable, d'après leurs dires, omettant de dire qu'il est aussi le corset de votre sexualité. Je n'ai rien contre l'amour en pyjama. En dehors de la consommation de pyjamas qu'entraine une sexualité un peu ébouriffée, j'avoue que comme fétichisme permanent, ça ne me parait pas bandant, ça entrave mes désirs, normal pour un pyjama. Mais quand je délire sur le papier, il est inconcevable que je me borne aux pratiques autorisées, l'imaginaire n'est pas un monde contaminable, malgré ce que veut faire croire cette police de la pensée.
Obliger les films porno à montrer systématiquement des capotes rappelle les culotteurs pontificaux couvrant les nudités peintes, et n'est pas plus convaincant. Pratiquer ce terrorisme du désir, et s'étonner de ne pas être écouté ensuite, n'est pas le moindre contresens que font ces gens-là. S'abriter derrière la protection des acteurs pour justifier ce lobbying est simplement minable. Les prendre en otage, scandaleux.
Les visites sanitaires imposées dans les boites à cul, en tant que bras armé de la Santé Publique, suivies de commentaires non sollicités sur les pratiques des clients, ou du boycott de l'établissement, ne contribuent qu'à rendre clandestin ce qu'ils veulent interdire, et à rendre le discours inopérant.
Depuis Montesquieu, la France pratique la séparation des pouvoirs : poser les principes, les faire appliquer, et sanctionner les écarts, ne doivent pas être réunis dans la même main. Cela s'appelle la tyrannie.
Quant à l'argumentaire freudien qui vous propose des préservatifs à la banane ou à la fraise, je préfère fermer les yeux sur cette inconsciente confusion des appétits et des symboles. La menthe est plus énigmatique, ça doit être lacanien.
N'ayez pas peur, rappelez vous : malgré l'ambiance entretenue, il n'y a pas encore de loi qui vous interdise de choisir librement quelle sexualité vous voulez pratiquer, ou imaginer. Donc ne vous gênez pas pour choisir. Il n'y a pas non plus d'obligation de parler de prévention dès qu'on parle de sexualité, ça gâche même la conversation, alors qu'il n'y a aucun danger à parler de sexualité. Et si un médecin de centre de dépistage vous fait la morale, parce que vous avez occasionnellement "pris des risques" en toute conscience, ne vous laissez pas faire, rappelez-lui vertement qu'il est là pour vous assister avec sa science, pas pour vous faire la morale, ce n'est pas votre curé, ni votre père. Ca m'est arrivé.
Mais ne tombez pas non plus dans le contresens de faire n'importe quoi, au prétexte d'être harassé par ces ayatollahs. Prenez les précautions que vous estimez raisonnables, et dont vous n'avez à vous justifier devant personne, conscients que la capote ne rend pas immortel.
17/10/2007Paganisme : mode ou résurgence?
Le paganisme revient dans les conversations, et les tatouages ethniques se portent bien.
L'altermondialisme n'est pas étranger au phénomène, les paganismes vivants y trouvant naturellement leur place, comme l'Inde.
Le catholicisme a écoeuré par ses siècles de massacres, son obscurantisme indécrottable, son conservatisme dépassé, ses intrigues politiques, et ces temps-ci par sa position sur le préservatif et le SIDA, le mariage gay, la contraception, la procréation médicalement assistée, indéfendables pour un occidental ordinaire et sensé.
Les problèmes posés par l'intégrisme musulman, la confortation de la loi de 1905 sur la laïcité de l'Etat, la place à faire aux nombreux français musulmans modérés pour pratiquer leur religion, sont autant de poudrières des temps modernes.
On voit bien que le catholicisme, qui ne s'était pas si mal tiré de la loi de 1905, doit maintenant partager avec le judaïsme et l'islam en France, abandonner des privilèges que l'on avait pas vu discrètement prospérer. Sans compter les protestants et les orthodoxes, dont l'Europe du nord et de l'est rendent le poids un peu plus sensible dans le débat.
Toutes ces religions pérorent dans les médias, les monothéismes font alliance et se font des courbettes, pour éviter à tout prix de devoir quitter la sphère sociale et se confiner à la sphère privée, comme le souhaitent quelques républicains fiers de leur laïcité, voire de leur athéïsme, et du droit à la contraception ou à l'avortement, bref à la liberté sexuelle qui va avec.
Cette liberté se répand, sous les yeux horrifiés des églises monothéistes dont la misère sexuelle est le fond de commerce.
Les croix doivent quitter les murs des collèges, le cou des écoliers, pour barrer la route au voile ou à la kippa. On marchande sur la taille admissible, bientôt sur les cloches le dimanche et le catéchisme. Le bouddhisme est reconnu par l'Etat, qui envisage d'accorder des lieux de culte.
Les païens n'ont pas encore fait irruption dans le débat, mais cela devrait arriver... 16/10/2007Le paganisme relève de la croyance, mais constitue-t-il une religion?
Une religion relie les hommes, c'est un concept social. En ce sens, le paganisme hindou est une religion, avec ses dogmes, ses rituels liturgiques, son clergé, ses dieux, ses temples, ses fêtes religieuses. Mais le paganisme occidental, démantelé et extirpé durant des siècles de massacres, serait bien en peine de prétendre encore à une religion identifiable. Plus de temples ni de livres, des croyances perdues ou dévoyées, des rites interdits ou considérés comme sectaires, des membres isolés.
Se découvrir païen en occident est très comparable à se découvrir gay : c'est une découverte privée et intime, qui amène à constater que l'absence de tout référent social universellement reconnu va de pair avec une condamnation et un opprobre, qui font de vous le mouton noir de la communauté humaine. Reste à l'assumer. Pour soi d'abord, aux yeux du monde ensuite, en tachant de rencontrer d'autres pervers du même genre, afin de partager ce sens mystique.
Quelques païens tentent de changer les choses, comme cet avatar survenu en Grèce début 2007 : des païens relevant du polythéisme grec olympique ont publiquement investi divers temples antiques, en plein jour et au milieu des touristes, pour y célébrer des rites religieux. On imagine l'émoi de l'église grecque orthodoxe, qui a la haute main sur le gouvernement, lequel répond qu'on ne peut permettre des cérémonies de ce genre dans les monuments historiques.
A quand l'interdiction de la messe à Notre Dame de Paris?
lire GuyotatIl y en a qui lisent Guyotat comme d'autres lisent Sade, ou Genêt. En dehors des pages salaces qu'on peut lire d'une seule main, et qui évoquent des situation sexuelles tellement aux antipodes de leur banale sexualité quotidienne qu'ils en nourrissent leur fantasmes et leurs masturbations, ils ne connaissent pas le reste du texte, ou si peu.
Sade, c'est une écriture française classique, c'est peut-être ennuyeux quand on ne saisit pas les concepts de l'auteur, mais on peut le lire. Chez Genêt, c'est déjà différent. Le texte commence à se télescoper, à prendre des libertés avec la forme, tantôt très cru, lapidaire et évocateur, bien que banalisé, tantôt pontifiant et orné, mis en exergue comme un tableau sur un mur, souvent au moment même où il est question de choses apparemment banales, marquant précisément qu'elles le sont beaucoup moins qu'elles n'en ont l'air, que d'autres sens sont possibles. Sade et Genêt partagent le goût pour les anti-valeurs, les valeurs retournées. Chez Sade, on fait adorer les marques de sa puissance sociale en public, et on s'empresse de s'isoler dans le boudoir pour chier et pisser dessus. Chez Genêt, la trahison ou le crime sont élevés au rang des beaux-arts, ceux qui ont vu le Querelle de Fassbinder en conviendront.
Guyotat pratique également ces translations de valeurs, mais de plus son écriture est discursive, erratique, on passe d'une situation à une autre sans transition, abruptement, parfois même sans un retour à la ligne, un simple "/ ", que Guyotat inclut dans son répertoire de ponctuation. Certains le trouvent illisible. Cette écriture n'est pas sans rappeler celle de Burroughs. Lui aussi hache son récit, dans un style littéraire déconstruit-reconstruit qui, depuis la fin du 19° siècle, tente de circonvenir la fausse perpective de la linéarité temporelle du récit balzacien. Chez Burroughs on note un autre effet de style, la répétition du même texte au cours du récit. Cette répétition est parfois strictement identique, ou comporte un complément qui précise une idée passée précédemment, ou encore caviarde la répétition d'autres choses nouvelles, ou différentes, indiquant par là combien la pensée n'est pas fixée, et combien le texte linéaire écrit proprement est loin du ressenti ou du réel. Tous deux ont aussi un goût marqué pour le néologisme, autre façon de sortir du cadre étymologique des mots, ils fabriquent de la langue.
Si ces auteurs partagent le rayon de la littérature sulfureuse, ce n'est pas en raison de ces effets de style, mais bien parce qu'il est convenu de les classer dans la "littérature érotique", homosexuelle de surcroît le plus souvent. Et du coup, voilà l'auteur piégé dans une étiquette qui le restreint, l'emprisonne, dévoie son propos, et amène tout naturellement à le lire pour les pages précisément "érotiques", comme si le reste n'était qu'un emballage de circonstances, propre à donner une caution littéraire à un bouquin de sex-shop. Dire que Sade est un libertin, au sens du libertinage érotique, c'est nier qu'il est un libertin au sens du 18° siècle, c'est à dire, bien au delà d'une sexualité, un anti-chrétien, un anarchiste, un dangereux séditieux, qui met par ses propos l'édifice social en péril. C'est pour ça qu'on l'a enfermé, pas pour ses frasques sexuelles, qui ne sont qu'illustratives du propos politique.
En réalité, ces auteurs illustrent (même si le propos de chacune de leurs oeuvres est différent) combien l'homme est inséparable de sa sexualité, qu'il ne s'en éloigne que pour y revenir, et combien tous ses gestes, actions, pensées, rêves, en sont pétris, y compris l'organisation sociale, malgré le bon ton qui fait que chacun feint de ne pas s'en apercevoir, de ne pas être personnellement concerné. C'est en ce sens que cette littérature est obscène, littéralement qu'elle donne à voir ce qu'il est convenu de cacher, ou de refuser de voir, mais qui est pourtant bien là. Il s'agit de l'articulation symbolique de la sexualité et du social, de la naissance du langage, et rares sont les oeuvres qui articulent homosexualité symbolique et civilisation.
Pierre Guyotat s'intéresse aux conflits, à la guerre. La guerre nue, celle du terrain, pas les discours moraux des politiques qui la justifie, mais celle que vivent les troufions sur le front. La guerre modifie radicalement l'organisation des sociétés où elle surgit, redistribue le pouvoir dans un mélange de respect des hiérarchies, et de destruction de l'ordre établi. Cet état belliqueux, où les circonstances justifient les solutions expéditives, les abus, la violence, ne peut pas ne pas être mêlé à la sexualité. Elle apparait comme un révélateur, plus explicite que les discours apparents, des conduites de guerre. Elle est machiste, phallique, fille d'Arès, sadique et sans pitié, ne distingue pas homo et hétérosexualité, et nage dans le sang. Pas seulement d'ailleurs, le sang seul serait un symbole pur, il s'y mêle des vomissures, des diarrhées, de la sueur, du sperme, des poux.
Point n'est besoin de situer précisément dans le temps ou l'espace le conflit support de la pensée. On retrouve chez Guyotat des bribes de guerres coloniales, avec une métropole lointaine, des supplétifs et des embuscades qui rappellent la guerre d'Algérie bien sûr, mais aussi des toponymes et des personnages qui rappellent les guerres antiques, perses ou puniques. Tout cela forme le contexte d'une désorganisation-réorganisation sociale où le sexe règne en maitre, notoirement dans les bordels, mais aussi dans les latrines des soldats.
Comme chez Genêt, Guyotat n'épargne aucun détail nauséeux, ni les mouches sur les glands mal lavés, ni les cadavres abandonnés en pleine rue, parfois d'enfants, sur lesquels roulent les command-cars.
Comme pour Sade, la sexualité n'est pas dissociable du récit où elle s'inscrit, elle l'éclaire et le décode, tout est fait pour que le lecteur saisisse cette unité, la révélation que cela implique, du côté sexuel comme du côté social, et combien la distinction est artifice d'apparent "savoir-vivre". La torture n'est plus là fantasme de sadisme sur autrui, mais bien éviscération des prisonniers, amputations, tortures sexuelles, dont la finalité orgasmique se révèle toute crue, car cela n'a aucune conséquence réelle sur l'issue du conflit lui-même. Il s'agit bien d'une hiérarchie aveugle, de l'exercice de la force, avec sa dimension de possession sexuelle incontrôlée, à travers des viols, parfois incestueux, dont souvent le tortionnaire se contente d'être le spectateur-organisateur.
Pierre Guyotat nous renvoie à une réalité sans fard, que son travail sur la langue empêche de récupérer. Regarder le journal télévisé après quelques pages de son écriture nous oblige à y voir tout ce qui n'est pas dit au premier degré, tout ce que recèlent les "informations" policées et anodines, de meurtres rituels et de viols symboliques.
15/10/2007Fils de qui? Père de qui?
Si l'école apporte à tous la connaissance, l'éducation sociale relève plutôt des familles. Le jeune garçon confronté au monde, à ses condisciples, à la sexualité, peut normalement compter sur son père pour l'écouter, l'aider à s'y retrouver, et se faire une place dans la société. A son tour, il aura pour ses enfants ce soin du soutien et de l'écoute, heureux de transmettre les valeurs de ses pères. Cette continuité transgénérationnelle de la civilisation est d'usage dans l'humanité, l'amour d'un père pour son fils et d'un fils pour son père en sont le témoin, la transmission fonctionne.
L'homosexualité représente une rupture de ce schéma. Le garçon qui se découvre gay ne peut guère en parler à son père, étranger à cet univers. Sur ce point, les jeunes gays sont le plus souvent orphelins, et doivent se construire seuls, le plus souvent dans la douleur, car l'école est aussi complice de ce silence, et cache l'homosexualité comme composante de la civilisation. De même, devenu adulte, le gay n'a généralement pas d'enfants à qui transmettre cette connaissance particulière du monde, car s'il n'est pas rare que des gays aient des enfants, il est rare qu'ils soient également gays. Un adulte gay est, culturellement, sans descendance.
Il y a là une rupture de la transmission culturelle, l'homosexualité qui apparait spontanément donne ces coups de ciseaux dans les relations parents-enfants, et crée ces individus isolés, souvent perdus, souffrant d'incommunicabilité de leur adolescence à leur mort, avec la solitude morale pour compagnon de vie.
Au mieux, on bénéficie d'une famille qui accepte cette homosexualité, et où d'autres se chargent de faire des enfants. On reste alors inscrit dans une continuité humaine ou les générations se cotoyent, mais le vécu gay et son univers restent incommunicables, malgré les bonnes volontés familiales, car le vécu ça se partage, ça ne se raconte pas, il y faut une conivence. Le pédé est accepté dans la famille, son pacsé aussi s'il vit en couple pseudo-normal, mais pas question de raconter ses petites cochonneries.
Comment se construire socialement sans cette schizophrénie quand on vit dans l'homosexualité?
Devant cette incommunicabilité des consciences, les gays ont tendance à s'agréger, quand ils le peuvent, avec leurs congénères. C'est déjà un moyen de lutter contre la misère sexuelle, et la recherche de partenaires est un moteur puissant pour fréquenter les lieux où les gays se rassemblent. En dehors des lieux de drague, habituellement réduit à une consommation sexuelle sans réel échange, il existe depuis la légalisation de l'homosexualité un secteur commercial assez fourni. En réalité, il apparait très vite superficiel, extraordinairement codé, et ne se prête guère à de vraies rencontres humaines, mais plutôt à une consommation convenue. Chacun y fait assaut de conformité aux codes et à la mode, triche pour en mettre plein la vue, avec une outrance où les gays sont passés maitres, quitte à vivre en privé dans la misère, en claquant tout dans ces lieux de mirages. Ce ne sont pas des lieux où l'on peut parler à autrui de ses misères, de ses hésitations, de ses doutes, partager des points de vue, trouver de l'aide morale, apprendre quelque chose. De plus, du fait de leur fonctionnement, ces lieux sont particulièrement ségrégationnistes : boites à minets fashion, bars cuirs, saunas défraichis pour les vieux, et gare à celui qui se trompe de casting.
Chacun sait par devers soi qu'il s'agit d'épater la galerie, que tout le monde en fait autant, mais une fois rentré de ces soirées ébouriffantes et creuses, où tout le monde fait semblant de s'amuser et d'être heureux, la grosse déprime, voire le suicide, guettent sur le pas de la porte. La chambrette minable, le loyer pas payé, les conflits au boulot pour ceux qui en ont un, rien n'est réglé, et on est toujours aussi seul pour se débattre dans les difficultés. Pour les plus âgés, le racisme anti-vieux des gays alourdit la note, et même pour ceux qui terminent leurs jours dans l'aisance, la solitude est la règle imposée par la communauté gay. Et être seul au milieu de la foule est pire que l'être sur une ile déserte...
En conclusion, chacun flippe dans son coin, en le cachant soigneusement. Les plus jeunes croient vivre intensément dans cette vacuité, en réalité sans la moindre culture (où l'auraient-ils apprise?), en attendant une vieillesse inéluctable qu'ils imaginent sinistre et ne veulent pas prévoir, puisant dans leur angoisse de ce devenir la méchanceté de leur racisme anti-vieux. Les plus vieux se replient faute d'être acceptés par les premiers, fréquentent 3 ou 4 autres vieux dans le même cas, ou s'ils ont les moyens culturels et matériels partent dans d'autres contrées où ces exclusions ne se pratiquent pas, et font ce qu'on appelle du tourisme sexuel. Les jeunes et les vieux sont le plus gros contingent de suicidés chez les gays. A la sortie, l'état rafle la mise, car comme on sait les successions en déshérence vont au trésor public.
Chez les gays occidentaux, on passe d'une jeunesse no-future à une vieillesse qui ne laisse pas de traces. A se demander si on a existé...
Pourtant, il y aurait une réponse culturelle possible à cet état de fait, bénéfique à tous, maintenant que l'homosexualité a pignon sur rue.
Il suffirait de tordre le cou au fossé entretenu entre les générations de gays. En dehors des histoires de coucheries, et du cliché répandu des vieux qui considèrent les jeunes comme de la chair fraiche, un lien intergénérationnel serait profitable à tous.
Qu'il s'agisse de soutien moral, pour un jeune gay largué qui aimerait bien savoir, en cotoyant des gays plus âgés, comment on vit et assume son homosexualité une fois adulte, ou apprendre des choses sur la sexualité particulière des gays, ou accéder à une culture qu'il ignore (et qui n'est pas la "culture gay" des galeries du Marais), il ne manque pas de gays plus âgés disposés à partager ces échanges, voire même ravis de pouvoir ainsi transmettre leur vécu et leurs connaissances, chacun des deux trouvant dans cette complicité de quoi contribuer à son équilibre psychique personnel.
De même, beaucoup de jeunes gays ont du mal à trouver un travail stable et intéressant, et sont souvent confrontés à plus de difficultés que les autres pour s'établir matériellement dans la société. Pendant ce temps, les gays plus âgés peinent à assumer leur quotidien, consomment des services d'aide à la personne pour faire les courses, le ménage, renoncent à faire la cuisine par solitude, ont des chambres d'amis vides, alors qu'ils seraient ravis de pouvoir s'appuyer sur de plus jeunes, sans avoir à se cacher des mille détails de leur intimité, que ces hétérosexuels qu'ils paient violent et ne comprennent pas, ni devoir se taire sur leur vécu, scandaleux à ces étrangers. Trouver un repreneur pour un commerce ou une activité sont aussi des soucis de gays, ils ne sont pas exempts des difficultés de transmission que les gouvernements tentent d'aplanir, et préféreraient le plus souvent ne pas s'en remettre au premier hétéro venu.
Partager l'assurance ou l'aisance complice d'un ainé est profitable aux plus jeunes, et donne aux plus âgés le sentiment de n'avoir pas vécu en vain. Tout cela aboutirait à recréer du lien, là où la plupart des gays sont totalement seuls, malgré l'image publique artificielle que donnent les gay pride, d'une communauté soudée où tout le monde s'amuse. Cette complicité intergénérationnelle gay existe, mais elle est trop rare et généralement cachée, ce n'est pas à la mode, même pour une simple cohabitation locative. Les hétéros réfléchissent beaucoup là-dessus en ce moment, pourquoi pas nous?
La prostitution n'est pas le seul moyen d'établir des liens entre les générations de gays.
11/10/2007Pour des raisons légales de protection des mineurs, cet article n'est accessible qu'aux inscrits. Vous pouvez vous identifier si vous êtes inscrit, ou vous inscrire si vous êtes majeur. Pour des raisons légales de protection des mineurs, cet article n'est accessible qu'aux inscrits. Vous pouvez vous identifier si vous êtes inscrit, ou vous inscrire si vous êtes majeur. 10/10/2007monothéismes et terrorisme intégristeLe judaïsme est un monothéisme plus ancien que le christianisme, mais il n'est pas prosélyte et belliqueux, car il est réservé à une ethnie par naissance matrilinéaire, et considère qu'il est seul peuple élu, sur la base de l'arche d'alliance. Ce "périmètre réservé" des fidèles explique pourquoi le judaïsme a cohabité en paix avec nombre de religions voisines, y compris romaines, et continue encore aujourd'hui. On ne peut pas affirmer que la politique géo-stratégique de l'état d'Israel est strictement dictée par sa religion dominante, sur ce point ce sont ses voisins qui veulent sa disparition.
Le christianisme s'appuie sur le judaïsme, duquel il diffère par la reconnaissance de Jésus et du nouveau testament, mais surtout en ce qu'il se prétend, potentiellement, la religion de tous. C'est la première religion à pratiquer le prosélytisme intrusif d'un dieu unique et obligatoire, les conversions forcées, les guerres de religions, la conquête du marché de la foi. Entre 65 (après JC) qui voit Pierre sur le siège d'évêque de Rome, et 312 qui voit l'empereur Constantin converti, les chrétien n'auront de cesse de dénoncer les autres religions comme hérétiques, se heurtant à l'Empire Romain qui garantit la liberté de culte. Ces fauteurs de troubles à l'ordre public, qu'on nommeraient aujourd'hui terroristes internationaux, font de la comm sans Séguéla : leurs condamnations sont rapportées comme un martyrologe, c'est plus vendeur.
Il faut attendre 380 (toujours après JC), pour que le christianisme devienne religion d'état. Les douze ans suivants voient la disparition de l'ancien monde sous les lois de Théodose : destruction des temples, remplacement par des églises, massacre des prêtres, des intellectuels, destruction des "idoles" et des livres, interdiction des cultes punis de mort, émeutes, etc. En 392, Théodose crée le concept de paganisme pour désigner toutes les pratiques religieuses autres que le christianisme, et les interdire définitivement, en même temps que les jeux olympiques, qui attendront Pierre de Coubertin en 1896 pour renaitre.
Après plusieurs millénaires de paganismes variés, 68 ans à peine sépare l'accession au pouvoir du christianisme de son hégémonie totale et mortelle. Et à compter de l'an 400 (seulement), l'occident est officiellement devenu chrétien, et entreprend la première guerre de religion de l'histoire, la purge des païens.
Il est donc faux d'évoquer "2000 ans de christianisme", c'est un abus de language issu du calendrier, l'occident n'est chrétien que depuis 1600 ans, après plusieurs millénaires de paganisme. Cette petite secte araméenne et sa religion exotique intégriste, ont finalement eu raison d'un paganisme bien de chez nous, qui pourtant tolérait les croyances de chacun, et même ces rituels étranges, comme l'eucharistie, venus d'un Orient lointain.
Enfin, en 622 apparait l'islam, qui devait se répandre sur le pourtour du bassin méditerranéen. Ce monothéïsme se revèle vite aussi exclusif que le christianisme, aussi violent, n'ayant de pitié, relative, que pour les deux religions voisines, les "gens du livre". Le choc avec le christianisme débouche sur les croisades, deuxième guerre de religion de l'histoire. L'Espagne et les Balkans resteront longtemps les zones de friction avec la chrétienté.
Pour être honnêtes, reconnaissons que seuls le christianisme et l'islam prônent un monothéisme intégriste et combattant, exclusif des autres religions, et partagent un holocauste humain à travers les siècles qui réduit le nazisme à un travail d'amateur. D'autres monothéismes étaient moins exclusifs, comme le mithraisme ou le zoroastrisme. Ils ont subi le même sort que le paganisme...
L'expansion d'une Europe devenue chrétienne voit l'alliance du sabre et du goupillon : conversions forcées, massacres de populations entières, à la faveur des conquêtes, comme les incas, les populations amérindiennes, africaines, etc, jusqu'à l'holocauste nazi couvert par le pape Pie XII.
Aujourd'hui, parmi les nombreuses religions répandues dans le monde, le christianisme et l'islam restent les deux seules à continuer à pratiquer la violence et l'exclusion, le prosélytisme intégriste, les guerres de religions. C'est vrai au moyen Orient, en Asie, de la guerre civile en Yougoslavie, puis au Kosovo, en Amérique même.
Le double langage permanent de ces deux cultes, qui se prétendent des religions de paix et d'amour, commence à nous fatiguer.
Comment s'en débarrasser?
07/10/2007De la propriété de l'origine des temps (Rafler la mise sur le Zéro)Beaucoup de religions très diverses ont existé dans l'humanité, depuis les coutumes sacrées des premiers hommes jusqu'à nos jours. Certaines sont inscrites dans la continuité, comme en Inde ou en Australie, d'autres interrompues par l'histoire, comme dans notre aire de civilisation indo-européenne. Car chez nous, après plusieurs millénaires de ces religions diverses, 3 monothéismes se sont établis solidement, puis étendus au monde, depuis à peine 1600 ans. Ces monothéïsmes sont au moins d'accord sur une chose, c'est que toutes les autres religions relèvent du paganisme, et sont de fausses religions.
Le paien est polythéiste par nature. Soit qu'il aie lui-même plusieurs divinités (pour faire court), soit qu'il ne voie pas d'inconvénient à ce qu'un autre croie autrement, un monothéisme de plus ne le dérange guère, il ne s'en méfie pas, il ne fait pas de concurrence prosélyte. Malheureusement, les monothéismes ne sont pas aussi sereins, et le christianisme plus que les autres tient à la conversion universelle de l'humanité, par tous les moyens, depuis les apôtres. L'islam lui a emboité le pas.
Il est un point sur lequel cette hégémonie du christianisme est absolument totale, admise par le monde entier comme la référence commune, je veux parler de la pratique de la datation historique. Elle définit la naissance du christ comme le point Ø d'une droite chronologique purement mathématique, considérant comme "positif" ce qui survient APRES la naissance en question, et "négatif" ce qui est survenu AVANT. Si c'est concevable sur le plan mathématique, c'est plus contestable sur le jugement de valeurs que cela suggère. Ce hold-up dogmatique n'a même pas 5 siècles, mais personne ne bronche.
Qui se souvient encore que notre actuel calendrier grégorien date de 1582 seulement, en remplacement du vieux calendrier julien hérité de Jules César? Que l'origine du calendrier julien était la fondation de Rome ? Si bien que le calendrier grégorien, aligné sur la naissance supposée du christ, débute en 753 de l'ancien calendrier julien. Le calendrier musulman, de rythme lunaire, débute à l'hégire, en 622 du calendrier grégorien, et donc en 1375 du calendrier julien. Et le calendrier grégorien débute en l'an 3760 du calendrier hébraïque, qui enterre tout le monde, avec une origine qui remonte à la création du monde, évaluée selon la Bible...
Mais l'usage est aujourd'hui mondial de se référer au calendrier chrétien, de parler d'ère chrétienne, et d'ère pré-chrétienne. Le reste passe pour des fariboles historiques poussiéreuses et dépassées. Avant Jésus, il n'y a RIEN, puisqu'on vous le dit. C'est comme Christophe Colomb découvrant l'Amérique : avant 1492, il n'y avait personne... que des animaux.
Donc, TOUT commence avec Jésus. Même pour les aborigènes d'Australie. Tout le monde fait avec, les païens aussi, mais ils ne sont pas dupes.
l'alignement solaire du solstice à StonehengeEntre deux AgesJe suis vieux (il parait, parce que moi j'ai rien vu passer, et je continue comme avant), mais je ne suis pas ici par erreur.
Je suis d'accord pour soutenir que les "minets" ne sont pas des steacks pour les vieux, et même que les vieux qui salivent sont pas sexy.
Mais plutôt que de rentrer d'emblée dans le vif du sujet ... pardon? C'est maladroit? trop tard!
Bon, puisque vous rigolez déjà, je vais plutôt vous raconter une histoire, qui commence grasse mais qui finit... vous verrez.
Alors c'est un vieux monsieur, sec et ridé, avec son chapeau et sa canne, qui se promène dans la rue déserte. Il aperçoit un petit garçon, en culottes courtes, assis sur le bord du trottoir, les deux pieds dans le caniveau, et qui pleure à chaudes larmes. Il s'approche, l'interpelle doucement : "Eh bien! petit garçon, qu'est-ce qui te donne un chagrin pareil?". Le petit garçon interrompt ses pleurs, regarde le vieux monsieur derrière ses poings écartés, et se remet à pleurer en frottant ses yeux.
Le vieux monsieur insiste : "Dis-moi, petit garçon, je ne peux pas te consoler si tu ne me dis pas pourquoi tu pleures...". Le petit garçon finit par interrompre ses pleurs, et entre deux sanglots : "Je pleure, parce que je peux pas faire ce que font les grands garçons !". Et il se remet à pleurer.
Alors le vieux monsieur s'assied à côté du petit garçon, les pieds dans le caniveau, et il pleure aussi.

La prochaine fois, je vous explique comment ils me séduisent, ces jeunes gens. le paganisme est aussi une chose sérieuseBien sûr, entre le monopole de fait des monothéismes intégristes, et certaines sectes parfois sataniques au folklore désopilant, le propos est difficile à défendre en occident.
Et d'abord, c'est quoi le paganisme?
Comme les monothéismes, c'est d'abord une croyance. On est dans le domaine de la foi et non de la raison, de l'inconscient symbolique et non du démontrable, de l'expérience mystique personnelle et non d'une vérité scientifique universelle. Il n'y a rien à prouver, comme en psychanalyse.
A-theos = sans dieu. Le païen n'est pas un athée, puisqu'il a une croyance mystique. Elle n'est pas forcément très claire ni très établie, comme dans toute minorité, ce n'est pas forcément une religion précise, mais il a le sens du sacré.
En Europe, il est convenu de dire que le paganisme n'existe plus. Certes, il n'y a plus officiellement de temples ni de rituels qui rassemblent des fidèles, mais il y a beaucoup de gens qui ont des croyances diverses et variées, et que les bûchers n'éradiquent plus. Le paganisme est latent en Europe, les quelques regroupements existants n'étant pas encore reconnus par les états comme des religions.
Il existe un paganisme vivant et reconnu dans d'autres cultures, en Inde, en Afrique, en Océanie, en Asie, en Amérique (hindouisme, animisme, vaudou, ...). Ce paganisme extra-européen a survécu au choc des monothéismes, ainsi que ses rituels privés ou publics, ses fêtes et ses processions, sa culture particulière.
Il faut donc sortir d'un regard purement occidental, et considérer le paganisme comme une réalité vivante de l'humanité contemporaine. Et peut-être envisager de prendre au sérieux les païens européens qui relèvent la tête.
Fête païenne traditionnelle - Japon 200621/09/2007Bienvenue en Sarkosie
Filons?
Oui, on avait compris, vaut mieux se tirer...
Comment? Fillon? qui c'est celui-là? Le premier sinistre? Oui, on avait remarqué, les discours de rentrée du Président, il y va pas avec le dos de la cuillère pour estourbir la République.
Et c'est Fillon qui va le faire? Ben avec un nom comme ça, ca va être du sport, comme dit la CGT.
Remarquez, on a bien eu la génération Mitterrand, maintenant on va pondre la génération Sarkozy... Pauvres grand-pères!
13/09/2007J'arrive !C'est un peu long et compliqué pour un nouveau, ici!
Guestlist, forums, etc, c'est un vrai dédale pas toujours explicite, on verra bien à l'usage. C'est comme des chaussures neuves, faut les faire à son pied...
Mais on verra.
Après tout, ça change des sites de rencontre habituels, où tout est tellement centré sur le cul que ça finit par devenir un vrai catalogue de fantasmes, où on ne fait finalement aucune rencontre humaine, et où on ne baise pas non plus d'ailleurs...
Bien que je voyage et que j'aie des amis un peu partout, la fin de l'été donne du vague à l'âme. En province, en dehors des lieux commerciaux assez tristes où on ne rencontre personne, l'hiver n'est pas vraiment propice aux rencontres nouvelles, de quoi passer un bon moment dans un café ordinaire, au restau ou au cinéma, voire parfois prolonger la soirée en privé.
Je suis dans les Bouches du Rhône, à poil les fenêtres ouvertes, car il fait très beau. Sur ma terrasse, les plantes n'ont pas survécu à l'été, mais ce n'est pas bien grave. Les vacances étaient plus importantes. La poussière a recouvert mes antiquités, le bureau et les ordinateurs, mais ce n'est pas grave non plus. Promis, dès qu'un beau garçon m'annonce son arrivée, je fais le ménage...
D'ailleurs il faut aussi que je le fasse au bateau, ils sont tous partis en me laissant le bordel... comme d'habitude. Ils reviendront l'année prochaine, normal de trouver les draps propres, le frigo garni, le plein fait et l'annexe gonflée avec son moteur. Soyons pas amer, ils ont quand même tenu propre durant leur présence, et largement participé à la vie commune.
Et si je partais quelques jours? Je passerais bien un WE à Budapest ou à Naples, mais j'ai horreur de voyager seul. Quelqu'un est intéressé?
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