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(mis à jour dimanche 30 mars 2008 à 01:58)

29/03/2008

29/03/08 - 16:56

sexuellement correct

Le sexuellement correct est le "corpus de guidance" qu'imposent les nouveaux ayatollahs de la sexualité, dont l'orthodoxie fustige les mécréants que nous sommes. Heureusement, on est encore en république laïque et démocratique, et rien ne nous oblige à les suivre, malgré leurs imprécations, les moutons qui bêlent à l'unisson, et quelques grand messes périodiques.
Au nom de la prévention du SIDA et du principe de précaution, et avec une bonne dose de droit d'ingérance, ils prétendent interdire toute pratique jugée incertaine à peine de préservatif, qu'elle soit réelle ou imaginaire, l'idée qu'elle puisse être volontaire les révulsants jusqu'à la syncope.
La moindre pipe est pour eux une authentique roulette russe, à moins de l'exorciser grâce au pieux instrument du culte : le préservatif. Ce viatique permanent de la sexualité vous met à l'abri du diable, d'après leurs dires, omettant de dire qu'il est aussi le corset de votre sexualité. Je n'ai rien contre l'amour en pyjama. En dehors de la consommation de pyjamas qu'entraine une sexualité un peu ébouriffée, j'avoue que comme fétichisme permanent, ça ne me parait pas bandant, ça entrave mes désirs, normal pour un pyjama. Mais quand je délire sur le papier, il est inconcevable que je me borne aux pratiques autorisées, l'imaginaire n'est pas un monde contaminable, malgré ce que veut faire croire cette police de la pensée.
Obliger les films porno à montrer systématiquement des capotes rappelle les culotteurs pontificaux couvrant les nudités peintes, et n'est pas plus convaincant. Pratiquer ce terrorisme du désir, et s'étonner de ne pas être écouté ensuite, n'est pas le moindre contresens que font ces gens-là. S'abriter derrière la protection des acteurs pour justifier ce lobbying est simplement minable. Les prendre en otage, scandaleux.
Les visites sanitaires imposées dans les boites à cul, en tant que bras armé de la Santé Publique, suivies de commentaires non sollicités sur les pratiques des clients, ou du boycott de l'établissement, ne contribuent qu'à rendre clandestin ce qu'ils veulent interdire, et à rendre le discours inopérant.
Depuis Montesquieu, la France pratique la séparation des pouvoirs : poser les principes, les faire appliquer, et sanctionner les écarts, ne doivent pas être réunis dans la même main. Cela s'appelle la tyrannie.
Quant à l'argumentaire freudien qui vous propose des préservatifs à la banane ou à la fraise, je préfère fermer les yeux sur cette inconsciente confusion des appétits et des symboles. La menthe est plus énigmatique, ça doit être lacanien.

N'ayez pas peur, rappelez vous : malgré l'ambiance entretenue, il n'y a pas encore de loi qui vous interdise de choisir librement quelle sexualité vous voulez pratiquer, ou imaginer. Donc ne vous gênez pas pour choisir. Il n'y a pas non plus d'obligation de parler de prévention dès qu'on parle de sexualité, ça gâche même la conversation, alors qu'il n'y a aucun danger à parler de sexualité. Et si un médecin de centre de dépistage vous fait la morale, parce que vous avez occasionnellement "pris des risques" en toute conscience, ne vous laissez pas faire, rappelez-lui vertement qu'il est là pour vous assister avec sa science, pas pour vous faire la morale, ce n'est pas votre curé, ni votre père. Ca m'est arrivé.

Mais ne tombez pas non plus dans le contresens de faire n'importe quoi, au prétexte d'être harassé par ces ayatollahs. Prenez les précautions que vous estimez raisonnables, et dont vous n'avez à vous justifier devant personne, conscients que la capote ne rend pas immortel.

commentaires

24/04/08 - 16:42

Anar,j'ignore ce q'ù en penserait ton confrére Daff,ni méme si tu en as silmplement parlé avec lui...................... pour ma part,je suis à 100%100 d'accord avec toi...................................... ! ! ! !

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